Muséum national d'Histoire Naturelle
Laboratoire de Géologie
La collection CORDIER

Historique
Fonctions
Ses travaux
La collection Cordier



P.L.A. Cordier, le deuxième titulaire de la chaire de Géologie (1819-1861), est considéré comme le véritable fondateur des collections de gélogie au Muséum national d'Histoire naturelle. Il était donc légitime que les efforts actuellement déployés poour la réhabilitation des collections d'Histoire Naturelle au sein du Muséum aient porté en priorité sur la collection Cordier.

Historique

Pierre Louis Antoine CORDIER naquit le 31 Mars 1777 à Abbeville d'une famille d'origine anglaise.

 Il étudia au collège d' Abbeville puis fut admis à l'école des Mines en 1794, où il fut l'élève d' Hauy, de Dolomieu et de Vauquelin. Il fut parmi les plus méritants. Il devint ingénieur surnuméraire le 16 Janvier 1797, et ainsi fut autorisé à participer à un voyage d'instruction sous la direction de Dolomieu à travers les Alpes.

 Cordier fut l’élève de Dieudonné DOLOMIEU (1750-1801) géologue et minéralogiste renommé et professeur de Géologie à l'école des Mines, membre de l'académie royale des Sciences puis membre de l'Institut après la Révolution.
 
 

 

 Lorsque Napoléon Bonaparte organisa son expédition en Egypte, où il voulait que chaque science soit représentée, Dolomieu s'y engagea et Cordier fut admis à le suivre. Ils partirent de Paris le 6 Avril 1798 et rejoignirent Toulon à pied où ils s'embarquèrent sur le Tonnant.

 Arrivé à Alexandrie, Cordier s'intéressa à la minéralogie, et appliqua ses connaissances à la formation de la vallée du Nil et à tous les phénomènes géologiques qu'il rencontra. Dolomieu étant malade, il demanda à rentrer en France. Cordier décida de l'accompagner.

 Après avoir échappé à la flotte Anglaise et risqué de couler, leur bateau fut forcé d'accoster dans le port de Tarente, au sud de l'Italie. La contre-révolution qui y régnait s'empara alors d'eux et ils furent enfermés pendant 20 jours. Puis ils furent transférés à Messine, en Sicile, où ils furent relâchés après trois mois de captivité, à part Dolomieu. Celui-ci était accusé d'avoir trahi l'ordre des chevaliers de Malte, alors qu'il en avait perdu les privilèges depuis longtemps. Cordier gagna Rome par bateau puis Civita-Vecchia où il s'engagea sur un bateau corsaire, à bord duquel il revint en France.

 Dolomieu fut délivré deux ans plus tard, à la suite de la bataille de Marengo que Napoléon remporta. Il rejoignit par la suite son élève Cordier et entreprit avec lui un voyage à travers l'Europe.

 Cordier épousa Melle Borgella, nièce et pupille du savant Ramond, en 1817. Ils eurent 4 fils et 6 filles.

 Il mourut à 84 ans.

Fonctions

Cordier eut une vie longue et très active. Il occupa de nombreux postes.

 A 33 ans, il devint Inspecteur général des Mines et le resta jusqu'à l'âge de 84 ans. En 1819, il devint le deuxième titulaire de la chaire de Géologie du Muséum National d'Histoire Naturelle, poste qu'il occupa jusqu'en 1861.Autant dire qu'il garda ces deux professions jusqu'à sa mort.

Cordier accumula les fonctions: Pair de France, conseiller d'état, membre de l'Institut, inspecteur général et président du conseil des Mines, professeur, administrateur et à quatre reprises directeur du Muséum National d'Histoire Naturelle, président de la commission des machines à vapeur, membre du conseil de perfectionnement de l'école Polytechnique. Il se présenta même à une élection législative en 1837 dans sa ville natale, où il fut battu. Alphonse Karr, un écrivain spirituel, concluait qu'il devait à ses occupations 62 heures de travail par jour. Il trouvait quand même le temps de partir en voyage chaque année et ramena de nombreux échantillons de toute l'Europe.

Pierre Louis Antoine Cordier publia de nombreux articles, mémoires, essais, et 900 catalogues illustrés. De ces ouvrages, les seuls encore disponibles au Muséum National d'Histoire Naturelle sont 3 mémoires, dont 2 sur des mines et un sur la composition minérale des roches volcaniques, un essai sur la température de l'intérieur de la Terre, et son œuvre majeure, dans laquelle Cordier propose sa classification des roches et qui fut rédigée après sa mort par son élève Charles d'Orbigny, d'après ses manuscrits et ses leçons publiqueset publiées en 1868.
 

Ses travaux

 Cordier débuta par des travaux de minéralogie et publia sur diverses espèces minérales une vingtaine de notes et mémoires qui parurent de 1801 à 1819. S'en suivit des travaux de Géologie générale sur la composition et la classification des roches.

 Il fut le premier à appliquer l'analyse microscopique de lames minces à l'étude des roches, prouvant ainsi que les roches magmatiques d'apparence homogène, en particulier le basalte, sont entièrement composées de divers éléments minéraux. A partir de ses résultats, Cordier établit 16 grands types de roches magmatiques. Cordier travailla par la suite à une classification générale des roches ; en 1844, Cordier avait défini 337 espèces de roches.

 En 1827, Cordier publia un essai sur la température de l'intérieur de la Terre. Il y fait des erreurs, par exemple en supposant la masse située sous la croûte terrestre comme "parfaitement fluide", mais par contre pressent que la température intérieure est inférieure aux 200000 degrés annoncés par ses collègues. Ceux-ci n'avait fait qu'une règle de trois par rapport à l'augmentation de la température en fonction de la profondeur. La science de cette époque n'avait aucune idée des phénomènes de radioactivité, et ne pouvait qu'émettre de fausses hypothèses.

 Il fut un des fondateurs de la Société Géologique de France, et eut l'honneur d'en être le premier président, élu en 1830.

 En 1844, il s'intéressa à l'origine des roches sédimentaires calcaires et dolomitiques, nommées ainsi en hommage à Dieudonné Dolomieu, qu'il regroupe en une même famille, expliquant qu'il existe de nombreux intermédiaires entre les deux pôles que sont le calcaire pur et la dolomie pure.

 Il publia aussi une quinzaine d'ouvrages de géographie minéralogique.
 

La collection CORDIER

Cordier fut titulaire de la chaire de Géologie du Muséum National d'Histoire Naturelle durant 42 ans, de  1819 à 1861. Il fut le véritable fondateur des collections de Géologie du muséum. Sous sa direction, le nombre des échantillons passa de 1500 à 200 000.

Durant sa vie, il effectua 51 voyages géologiques, ramenant ses échantillons de toute l'Europe: Pyrénées, Languedoc, Maine, Ardennes, Palatinat, Vosges, Forêt noire, Saxe, Auvergne, à la fin de sa vie, il retourna en Italie: Toscane, Ligurie, mais avait un attrait particulier pour les Alpes. On compte aussi parmi ceux-la beaucoup de roches lui ayant été envoyées par des collègues ou des amis, venant des différents continents.

 Malheureusement absorbé par ses nombreuses occupations, il ne put en classer et répertorier qu'à peu près le tiers, dont 20 000 échantillons furent entreposés dans la galerie de Géologie et Minéralogie du Muséum. Une première étape du travail de réhabilitation a consisté en  l'inventaire et la détermination des objets non répertoriés.
La collection comporte tous les types de roches: magmatiques, sédimentaires et métamorphiques, de la roche compacte aux sables et graviers en passant par les roches meubles et les fossiles, animaux ou végétaux, les minéraux. Parmi celles-ci les plus représentatives sont illustrées dans ces pages.
 
 


 
 
Texte rédigé par E. Vennin
avec la collaboration de A. Cornée


Photos MNHN,  Géologie.
Remerciements. V. Rommevaux pour le dessin.
Ce texte reprend des éléments du rapport de stage de Bertrand BETHUNE, étudiant en deuxième année de DEUG, qui a travaillé sur cette collection en juin 2000.


mise à jour du 8 février 2001