HISTORIQUE

 Il semble que la plus ancienne référence au "calcaire grossier" (dénomination utilisée avant la création du terme Lutétien) date de 1747. On la trouve sous la plume de Macquer dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences. C'est Jean-Etienne Guettard dans sa "Description minéralogique des environs de Paris", publiée en 1762, qui en donne les premiers renseignements stratigraphiques et fournit une coupe du puits du "canton de Moxouris, proche de la Santé, haut du faubourg Saint Marceau" (actuellement : à Paris, entre le Boulevard de Port Royal et le Boulevard Arago).

Parmi les auteurs qui s'intéressèrent au Lutétien, nous citerons G. Cuvier et A. Brongniart qui ont étudié la falunière de Grignon dès 1802, puis J.B. Lamarck, L. Héricart de Thury, C. Prévost, d'Archiac, Ch.d'Orbigny, A. d'Orbigny, L. Graves, E. Hébert, M. Bertrand, J. Boussac, R. Charpiat, P.J. Chédeville, P. Combes, A. Dollot, H. Douvillé, P.H. Fritel, L. Giraux, A. Laville, S. Meunier, G. Ramond, G. Vasseur, C. Vélain, G.F. Dollfus, J. Gosselet, M. Leriche, P. Lemoine, M. Cossmann, A. de Lapparent. Tous ces auteurs, et bien d'autres, sont cités dans la synthèse sur le Lutétien de R. Abrard (1925).
Plus près de nous, il faut mentionner R. Soyer, A. Blondeau, J.P. Gély.



En bleu sont mentionnés les chercheurs qui furent en poste ou associés au Laboratoire de Géologie du Muséum : S. Meunier, P. Lemoine et R. Abard comme titulaires de la Chaire ; Ch. d'Orbigny comme aide-naturaliste ; G. Ramond comme assistant ;  R. Soyer comme sous-directeur ; R. Charpiat et A. Dollot comme correspondants. J.P. Gély est actuellement attaché au laboratoire.


 
 


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Cuvier et Brongniart, 1811 : coupe de Grignon à Paris.
in "Essai sur la géographie minéralogique des environs de Paris".
En rose, la craie ; en rouge, l'argile plastique et le sable ;en jaune, le calcaire marin grossier et à cérithes.


cliquer pour agrandir Dès 1800, Lamarck fit réaliser une série de vélins représentant des coquilles fossiles réunies par J. Defrance dont la plupart provenait du Lutétien de Grignon.

 

Le Laboratoire de Géologie du Muséum et l'étude du Bassin de Paris

A la  fin du 19ème siècle et pendant toute la première moitié du 20ème siècle, l'étude de la géologie de Paris et du bassin de Paris a constitué une part importante des recherches menées dans cette chaire du Muséum.

Quelques jalons.


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Excursion à la falunière de
Grignon
Les cours publics de S. Meunier, titulaire de la chaire de 1892 à 1920, et les excursions qui les complétaient,  portaient sur le Bassin de Paris. Ils ont été l'occasion de réunir une multitude de connaissances et de récolter de très nombreux échantillons (Meunier, 1875 et 1912).

 

Paul Lemoine sur le terrain
Avec l'arrivée de P. Lemoine à la direction de la chaire de géologie en 1921, celle-ci a été  nettement réorientée vers la stratigraphie générale avec tout naturellement l'accent mis sur la géologie du Bassin de Paris. P. Lemoine définissait alors comme un de ses objectifs prioritaires la constitution d'une collection régionale du Bassin de Paris. Une telle collection n'existait alors nulle part.

 

Echinanthus issyavensis
En 1925, R. Abrard a publié une synthèse stratigraphique et paléogéographique sur le Lutétien du Bassin de Paris en utilisant  les associations de fossiles de ses propres collections rassemblées pendant 15 ans ou de collections provenant d'horizons stratigraphiques parfaitement  repérés. Abrard a égalemement publié en 1950 un volume sur le Bassin de Paris.

La connaissance de Bassin de Paris et du Lutétien résulte non seulement des  travaux de recherche fondamentale, mais aussi des apports dus à l'exploitation du sous-sol (matériaux de construction et eau potable) et aux grands travaux de la région parisienne : chemin de fer et surtout le creusement du métropolitain.
Les chercheurs du Muséum furent directement impliqués dans ces travaux de géologie appliquée. Mais des collaborateurs liés au Muséum y participèrent également très activement.
 
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Chemin de fer : ceinture parisienne.
Calcaire grossier inférieur.
A. Dollot, correspondant du Muséum,  réalisa une gigantesque campagne géologique en plein Paris pour les chantiers du métro, avec le soutien actif de S. Meunier et en collaboration avec G. Ramond (aide-naturaliste au laboratoire de Géologie). Ce fut l'occasion d'alimenter abondamment les collections du laboratoire de Géologie et d'enrichir la bibliothèque de très nombreux documents graphiques sur le sous-sol parisien.

 
 
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Chantier du métro, ligne 8
dans les Marnes et Caillasses.
De même, dès 1930, R. Soyer, alors simple "amateur", fut désigné pour exécuter des relevés géologiques des souterrains du métro par P. Lemoine. Ce dernier fit créer par la ville de Paris une Section de Géologie de la Région Parisienne dont la direction fut confiée à Soyer sur un poste d'assistant (Muséum). R. Soyer a publié en 1953 une monographie sur "La géologie de Paris". Il fut nommé sous-directeur au Laboratoire en 1961.

Les sondages dans l'enceinte du Muséum

En 1929, P. Lemoine, directeur du Laboratoire de Géologie fit effectuer par le personnel du Muséum, un forage dans la cour du laboratoire au 61 rue Buffon.
Il complète les données du Puits des Catacombes situé près de la Maison de Chevreul, du Puits du Jardin Alpin, du Puits dit "du Chameau" près du Bassin des otaries, du forage dit des Becquerel sans doute situé dans l'ancienne Cour de la Baleine, du Puits de la Ménagerie, du sondage de la Galerie de Paléontologie.
Ce forage a abouti à plusieurs résultats importants : détermination précise de la base du Lutétien, découverte en ce point des sables d'Auteuil avec une nappe captive et découverte d'un faciès particulier du Lutétien inférieur dans cette partie du Bassin de Paris.
 


Dans l'échelle chronostratigraphique de référence, le terme "Sparnacien" est aujourd'hui remplacé par "Yprésien".


Pour la série lutétienne,  de haut en bas, la coupe détaillée est la suivante  :

 
calcaire grossier 5,10 m
calcaire glauconieux  1,32 m
couche très dure  0,15 m
argile  0,23 m
couche très dure 0,15 m
calcaire glauconieux dur  0,30 m
calcaire glauconieux  0,52 m
argile  0,05 m
calcaire  1,18 m
calcaire très dur  0,38 m
calcaire glauconieux  1,44 m
calcaire dur 0,30 m
calcaire glauconieux avec petite couche d'argile  0,21 m
calcaire glauconieux avec couche très dure  0,56 m
couche d'argile  0,48 m
Le Calcaire grossier inférieur "est à l'état de calcaire glauconieux à Ditrupa, en petits bancs durs alternant avec des argiles."
Cette succession diffère de celle, classique, de Vaugirard et d'Arcueil. On n'y retrouve aucune des subdivisions définies par R. Abrard comme le calcaire à Campanile giganteum  et le calcaire à Nummulites.
Ce faciès particulier a pu être engendré par une morphologie de rivage complexe comme le montrent les connaissances actuelles. Ailleurs, dans Paris et sa banlieue, se déposaient des sables argileux, glauconieux, plus ou moins calcaires.
 



 
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